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Le Chateau

Description : A-En 1248, le château d’Aulnay a des fossés d’entour où venait l’eau du ru de Savigny, à nourrir poissons. Le manoir de la basse-cour dudit chastel, granges, estables, colombier et jardin de cinq arpens. devant, la grande rue; derrière, la rue traverse; de l’autre, rue neuve. En 1328, il est fait mention d’un "château fort, en bonnes réparations et suffisances, environné de bons fossés en largeur et profondeur, pleins d’eau, laquelle vient actuellement audits fossés, du ru venant de Savigny au moulin d’Aulnay; et peuvent valoir les poissons nourris en iceux fossés, à la pesche de trois en trois ans, trente six livres parisis, joint lesdits fossés d’une part, le manoir du fermier que l’on appelle la basse-cour auquel estableries (...); et joint icelui manoir un grand jardin d’environ deux arpens. Un colombier lequel est ruine et décadence; four banal auquel les manants habitants de la ville d’Aulnay sont tenus cuire leur pain". En 1676, les héritiers de Jacques Coitier déclare "1°Un château avec pont-levis, entourés de fossés, et auquel les habitants devaient guet es portes; 2°Un manoir situé dans la basse-cour du château, avec granges, étables, colombiers, représentant une superficie de 5 arpens environ; 3°Deux étangs, l’un de quatorze, l’autre de cinq arpens, et dans lequel le seigneur, dans un but d’empoissonement, a droit de faire entrer l’eau du ruisseau des Rideaux; 4°Deux moulins à eau; 5°Une garenne de 4 arpens; 6°Vingt arpens de terre et prairies; 7°185 arpens de bois dépendant des forêts de Bondy et Livry". Il est par ailleurs fait mention de 107 maisons. Le château fait l’objet d’importants travaux en 1696. Vers 1700, Armand Jacques de Gourgues déclare posséder un château moitié ancien, moitié neuf; deux ponts, l’un de pierre, celui du côté du jardin de bois, qui se lève en bascule. Une orangerie est construite en 1728. La carte de Delagrive (1740) figure deux bâtiments parallèles, de plan symétrique, disposés sur les grands côtés d’une plate-forme entourée d’un fossé d’eau. Les bâtiments sont longs de 37 m, larges de 7, et font retour à angles droit de part et d’autre de l’entrée de la cour. La plate-forme est large de 30 m; la largeur des fossés qui l’entourent varie de 7-8 m à 12 m. Les deux ponts sont situés au milieu des petits côtés. Le plan d’intendance (1782) figure un troisième pont, au milieu du grand côté nord. Le site ne semble guère modifié sur le plan cadastral de 1819, si ce n’est le comblement du fossé ouest et la disparition du pont nord. Selon Lecourtier 1899, des conduites souterraines amenaient l’eau de la fontaine des Prés au château. Delagrive figure également, au nord du château, deux corps de ferme disposés sur les grands côtés d’une cour. Le plan d’intendance de 1782 figure un nouveau bâtiment sur le petit côté nord. L’agencement général de l’ensemble demeure le même sur le plan cadastral de 1819 qui figure toutefois une cour trapézoidale et non rectangulaire; celle-ci est longue de 65 m et large de 32 à 45 m. Un colombier est accolé au bâtiment ouest. Une chapelle est fondée dans le château en 1701. Le château est restauré en 1869 et démoli au début du 20e siècle.
B-Des caves voûtées en plâtre ont été visitées sous la maison située à l’angle de la rue Marceau et de la rue Jacques Duclos, c’est à dire à l’emplacement de l’un des bâtiments de la ferme seigneuriale.

-- Extrait de l'Atlas du Patrimoine --

Construit sous Philippe Auguste à la fin du 12 ème siècle, le château aurait pu, selon certains historiens, avoir été construit bien avant sur des ruines Romaines en particulier, tout comme l’Eglise Saint Sulpice. Ce que l’on voit sur les postales est un aboutissement architectural qui n’a rien à voir avec le château féodal d’origine composé de 2 ailes distinctes avec ponts-levis, douves et cachots... C’était plus une forteresse qu’un élégant château en fait.

Des seigneurs d’Aulnay ont existé dès la fin du 11 ème siècle… Cependant ce sera Jacques Coitier, médecin de Louis XI et seigneur d’Aulnay qui impose le château dans la région comme l’élément central du futur bourg. Il fit de son neveu Jacques Le Clerc son héritier en l’adoptant.
La famille De Gourgue eut la confiance des rois de France qui les honorèrent de nombreux titres : Conseiller du Roi, Conseiller au Parlement, Maîtres des Requêtes, Président à mortier. Cette illustre famille a une longue histoire dont on trouve l’origine dès 1146, date a laquelle Pierre de Gourgue fut l’un des signataires de la charte de Mont-de-Marsan.
La première mention de la Seigneurie remonte à 1284. Robert de Mauvoisin possède alors le « Castel », entouré de fossés et le manoir de la basse cour (les Marquets, la future ferme Fleury ?). Pas moins de 3 ponts donnent accès à la forteresse. A l’époque les terres sont des chasses privées, les Châtelains jouissant des produits fermiers alentours, tout comme chaque Seigneur est censé avoir droit.

Geoffroy de Gourgue fut en 1284, un des secrétaires du Roi Philippe IV, dit « Le Bel » à Bordeaux. En 1318, sous Philippe V, Philippe de Gourgue épousa Cécile de Pélagrue, sœur du Cardinal du même nom et nièce du pape Clément V.

Dominique de Gourgue équipa 3 vaisseaux le 15 Août 1567, libéra la Floride des Espagnols et la remit sous le contrôle de Charles IX.

Un autre de Gourgue, Marc-Antoine, fut chargé en 1610 de recevoir Anne d’Autriche à la frontière lors de son mariage avec Louis XIII, épisode digne des « Rois maudits » !
En 1628, en sa qualité de Président au Parlement de Bordeaux, il fut convoqué par le Roi auquel il fit une remarque désobligeante : Louis XIII, furieux, le saisit par la manche en criant : « A genoux petit homme, devant votre Maître ! ». « Sire, répondit le Président, un de Gourgue ne se met à genoux que devant Dieu ! ». On le retrouva mort dans son lit le lendemain matin… Oxygène - CAHRA No. 105
Les débats politiques d’alors étaient plus expéditifs que de nos jours... !
En 1683, Isabelle Marie Le Clerc - dite la Coitier se marie avec Armand-Jacques de Gourgue. Le château change de mains et de visage : la forteresse est détruite et remplacée par un élégant château dans le style de l’époque Louis XIV. Le pont-levis est supprimé, le caractère féodal du château a disparu. Une serre est ajoutée entre les deux ailes. Notre de Gourgue devient Maître des Requêtes, chargé de la Sénéchaussée de Guyenne, puis Intendant de Limoges en 1684 et de Caen en 1686.
Le roi Louis XIV accorde la faveur de faire évoluer la baronnie d’Aulnay-les-Bondy en marquisat. Rien que ça ! Un roi qui n’aura pas fait tué un de Gourgue, au contraire !

Sous la révolution, un de Gourgue, Armand-Guillaume-François sera guillotiné le 20 Avril 1794 à la Conciergerie et le château vendu comme bien national. Un autre de Gourgue (Auguste-Francois) en reprendra possession au début du 19ème siècle. Ouf, le château revient dans les mains des de Gourgue !

Il faudra attendre 1869 pour que les de Gourgue rajeunissent le château (selon le dessin de Jean Minder) en y réunissant les deux ailes construites en 1700 par un élégant corps central de style néo-Renaissance. La cour sur la façade est modifiée, les grilles sur la rue sont ajoutées, le parc est entièrement refait, en d’autres termes, le château fait partie du hameau et perd sa vocation de Château fortifié et devient une grosse maison bourgeoise (plus de 100 pièces, tout de même !). Les douves sont conservées, mais l’eau n’y circule plus depuis 2 siècles.
Des travaux considérables ont été entrepris par le dernier marquis : presque totale réfection intérieure et extérieure (création de 40 appartements complets, salle à manger pour 80 convives, salle de billard, petite chapelle, amenée d’eau depuis la Fontaine des Prés, création de bassins avec fontaines, aménagement des bords de la Morée, construction de l’Orangerie – abri pour les arbres fruitiers et plantes exotiques dès les premiers gelées -, aménagement du parc, etc.).

Le nom des de Gourgue est inséparable du développement du bourg. Deux de Gourgue ont été aussi maires d’Aulnay : Auguste-Francois, comte de Gourgue, de 1808 à 1830 (22 ans!) et Dominique-Armand, marquis de Gourgue et dernier de la lignée, de 1866 à 1893 (27 ans!).

Le château et ses dépendances occupaient la partie comprise entre l’avenue Anatole France, rues Kléber, Marceau et Jacques Duclos (ancienne rue de Gonesse).
Il ne reste rien du château pour tenter de se replonger dans le passé sauf aller voir la maison 66 rue Deparcieux a Livry Gargan dont quelques restes architecturaux sont encore visibles en facade. Voir la photo en fin de serie.

La Fontaine des Prés :

A l’origine, une source entre la Morée et le Sausset drainant en partie des terres humides, jadis marécages. Les Châtelains avaient fait aménager cette source pour alimenter le château en eau potable. Ils avaient fait construire un petit bâtiment, et un des employés était chargé chaque jour de pomper à la main l’eau de la source pour remplir le réservoir situé au sommet, juste au-dessus du premier niveau du château, jouant ainsi le rôle de petit château d’eau.
Cette source et ce bâtiment ont évidemment disparu, on y trouve seulement le petit groupe scolaire du même nom. Il est aussi dommage que la rue de la Fontaine des Prés fut débaptisée... Pourquoi?

Nous devons aux De Gourgue la gare SNCF grâce à l’autorisation qu’il a obtenu de faire arrêter le train de la ligne Paris-Soissons. Cette gare fut inaugurée le 30 Avril 1875 par le préfet de Seine-et-Oise. Nous lui devons aussi la construction de la route qui mène du Bourg à la forêt de Bondy (avenue Anatole France de nos jours). Il a aussi financé la construction du cimetière municipal. L’ancien cimetière sera remplacé en 1874 par 2 salles de classes pour la toute première école d’Aulnay. La seule et unique salle de classe de la Mairie était, elle aussi, trop petite. Il faut dire qu’en 1874, 58 enfants étaient scolarisés…

Le total déclin de la famille de Gourgue se précipitera peu avant la mort du marquis le 9 Mars 1893. Le marquis ruiné en 1892 devra vendre en adjudication le château, une ferme de 162 hectares et d’autres terres. Le tout sera adjugé le 30 Janvier 1883 pour 925.700 Frans à M. Myrtille Beer, propriétaire demeurant à Paris, 129 boulevard Saint Germain et à Mme Augustine-Calire Perdonnet, épouse du Docteur Lefèvre à Livry, acquéreurs indivis, conjoints et solidaires. Les héritiers de Gourgue constestent le prix estimé trop bas et une surenchère atteint 1 million et 32000 Francs pour le compte du baron de Bony, acquéreur officiel qui habite la Gironde (château de Vayres). Il profite de l’aubaine (malgré la surenchère) pour lotir le parc, la ferme et ses dépendances et d’autres terres alentours. Il vend le château à un entrepreneur, M. Balzinger, qui commence la démolition du château en Avril 1907.

Quelle triste fin : Le château aura été entièrement rénové en 1869 et détruit seulement 38 ans plus tard ! Non seulement le marquis aura investit sa fortune pour conserver et embellir son bien, mais il a aussi largement contribué au développement du bourg et à sa reconstruction après le siège Prussien.
Tant d’argent depensé, tout ca pour finir ruiné, vendre et détruire tout ce qui a fait l’honneur d’une famille et la fierté de bien des habitants du bourg, reconnaissants des efforts surhumains qu’il a entrepris entre 1870 et 1875 pour faire survivre et revivre un village presque anéanti par la sinistre occupation Prussienne... Quelle fin !



Au temps des De Gourgue
Au temps des De Gourgue
La Fontaine des Prés - dans le tournant de la rue Roger Lemaire
La Fontaine des Prés - dans le tournant de la rue Roger Lemaire
Destruction
Destruction
Une fois detruit,...
Une fois detruit,...
Les restes du Chateau
Les restes du Chateau
Famille De Gourgue au 16eme siecle
Famille De Gourgue au 16eme siecle