L'incontournable Jorge AMADO. C'est le fond et la forme. Une très belle écriture pour défendre les siens et le sien. Les Noirs et le Brésil.
Un communiste dans un pays qui l'avait interdit. Il ira en prison, exilé en Argentine et expulsé de France. A 23 ans (il est né en 1912), il écrivait "Bahia de tous les saints" (encensé par A.Camus en 1939). Toutes ces peines, ces injustices, ce racisme, cette pauvreté ne l'empêchera pas d'écrire avec beaucoup d'humour, de couleur, de joie. Mis à l'index par des régimes autoritaires il se jettera dans les bras d'un autre, l'Union Soviétique. Après toute cette tempête il nous offrira en 1954 ce livre. Un plaisir d'évoluer à Bahia. Une ville formidable, des gens formidables, tout y est formidable, sauf encore la pauvreté !
AMADO chantera les femmes, la cachaça et tout ce qui fait du bien en faisant du mal !
Deux citations : "l'humour, cela ne s'acquiert qu'avec le temps, avec l'age" et dans "Bahia de tous les saints", "les pauvres sont si malheureux que quand ça sera la mode de chier de l'argent, eux, ils seront constipés" (c'est certain que cette écriture pouvait déplaire dans un pays où l'inégalité sociale bat tous les records . . .).
Cet écrivain nous quittera en Août 2001.
On ne peut pas aller au Brésil sans avoir lu un Jorge AMADO.