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RENÉ MAYER

Page extraite de l'album GIVERNY AUTREFOIS
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Reproduction du Magazine municipal de Giverny, 2017 (pages 34 à 40)
Texte de François Lamy, ancien maire de Giverny.
Documents additionnels et mise en page de Jean-Michel Peers
Carte postale "Les Roches-Giverny" de Claude Landais.
Page de "Image du Monde" (René Mayer) de la famille Falc'hon-Prévost.
Photo de René Mayer avec Richard Nixon et John Foster Dulles, de Guy Colombel
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Un homme méconnu, René Mayer, maire de Giverny





René Mayer fut maire de Giverny de 1945 à 1953. Son parcours méconnu nous a paru intéressant, car il a incontestablement
marqué l’histoire politique et économique de la France depuis les années vingt jusqu’en 1953. Il a occupé plusieurs postes
ministériels importants, et celui de président du conseil pendant la IVème République. Il est certes moins célèbre que
Claude Monet, mais son parcours d’homme d’action et d’homme d’Etat indépendant et original mérite de sortir de l’ombre.
De l’avis de sa veuve « il est demeuré toute sa vie un parisien de Paris » et il avait tout pour être considéré comme un
horsain à Giverny. Le nom de son fils, tué pendant la guerre, figure sur le monument aux morts de notre commune.

Ses débuts en politique

Né le 4 mai 1895 à Paris, dans une famille de la grande bourgeoisie juive, son père, Justin Mayer, qu’il devait perdre
à l’âge de 2 ans, fut secrétaire d’une grande société espagnole.Son grand-père paternel, le rabbin Michel Mayer fut
adjoint au grand rabbin de Paris. Par sa mère il est apparenté aux Rothschild. Son grand-père maternel Paul Dupont
fut chef de cabinet d’un ministre de la marine. Elevé par sa famille maternelle avec sa sœur, il est brillant et précoce.
Il fait ses études au lycée Carnot, achève sa licence de philosophie et sa licence en droit en 1914 tout en fréquentant
régulièrement l’école libre des sciences politiques.Mobilisé en décembre 1914, il fait toute la guerre comme
sous-lieutenant d’artillerie. Blessé au front, il obtient la croix de guerre pour son attitude courageuse.

Après l’armistice, détaché au cabinet du ministre du commerce, il prépare son concours d’entrée au Conseil d’Etat
où il sera reçu second. Nommé auditeur, il se spécialise dans les questions économiques notamment les dommages
de guerre. De 1924 à 1926, il est membre de 3 cabinets ministériels successifs dont celui de Pierre Laval, ministre
des travaux publics, auquel il avait été recommandé par Léon Blum. Son appartenance aux cabinets ministériels du
cartel des gauches en fait un homme de gauche modéré. Membre du parti radical, il y côtoie les leaders historiques
comme Camille Chautemps ou Edouard Daladier, mais également les « jeunes turcs » comme Pierre Mendès France,
Pierre Cot ou Jean ZayParallèlement, il enseigne le droit administratif à l’école libre des sciences politiques.
Certains de ses élèves auront un rôle très actif par la suite, Michel Debré, Maurice Couve de Murville,
Alexandre Parodi, Jacques Chaban-Delmas. Au ministère des travaux publics, il se passionne pour
les transports. Il est nommé au conseil d’administration du port autonome de Strasbourg, et
secrétaire général du conseil supérieur des Chemins de Fer dont il deviendra un
des experts français auprès de la Société des Nations.

Son action dans les transports

A partir de 1928, il quitte le Conseil d’Etat et la carrière administrative. Il s’engage dans le monde des affaires,
particulièrement celui des chemins de fer privés, dont les chemins de fer du Nord, dirigés par son parent le
baron Edouard de Rothschild. Ses compétences lui ouvriront aussi les portes d’entreprises d’électricité alors privées,
puis de la compagnie des eaux de la banlieue de Paris, ainsi que de la compagnie générale de navigation rhénane.

Ses connaissances font de lui un interlocuteur privilégié pour régler les questions économiques touchant aux intérêts
de l’Etat. C’est ainsi qu’en 1932, il participe à la remise à flot de la compagnie internationale des wagons-lits. L’Etat
en devient l’actionnaire principal. Il est également administrateur de la société civile d’aviation Breguet, les deux
entreprises étant liées. En 1933, le ministre de l’air Pierre Cot lui demande de négocier la réorganisation de
l’aéronautique française. C’est ainsi que nait Air France avec une participation de l’Etat de 25%.






1934 - Installation à Giverny



En 1934, René Mayer achète pour 640 000 francs la propriété des Roches à Giverny, pour en faire «  sa propriété estivale ».
La propriété comprend des dépendances dont une maison de gardien, un potager et un verger de 3 000 mètres carrés
chacun de l’autre coté de la route menant de Giverny à Sainte Geneviève les Gasny, et des bois sur la colline s’étendant
sur plus de 22 hectares. Cette propriété est proche de Paris. Il y vient en villégiature pour se reposer mais également
étudier de nombreux dossiers tant du fait de ses responsabilités administratives que politiques, ou privées.

La carte postale ci-dessous est plus récente et correspond sans doute à la période où René Mayer y résida. Un chemin mène
à la partie haute du jardin et on peut assister à une partie de badminton... une vraie résidence secondaire de parisien.




1936 - Le Front Populaire

Puis vient l’arrivée du front populaire en 1936, auquel il n’est pas favorable, bouleversant le paysage économique et social.
En tant qu’administrateur de la Compagnie des Wagons-Lits, il négocie avec Pierre Semard, secrétaire de la CGT,
un protocole établissant des conventions collectives. Léon Blum applique son programme de nationalisation,
d’abord pour les industries de l’armement qui deviennent des arsenaux et prépare un décret-loi visant à
exproprier brutalement les compagnies ferroviaires. Son remplacement par Camille Chautemps permet
d’échapper à ce décret-loi. Les négociations entreprises par René Mayer aboutissent le 31 aout 1937 à
la fusion des réseaux, à leur nationalisation et à la création de la SNCF dont l’Etat détient 51% du capital.
Ainsi de 1928 à 1939, il a multiplié, tout en ayant un fauteuil d’administrateur de la banque Rothschild,
son activité dans l’économie nationale du fait de ses talents de négociateur, à l’origine notamment
d’Air France, de la SNCF et des premières conventions collectives.





La guerre de 1940 : un juif parmi les juifs

Mobilisé en septembre 1939, comme capitaine d’artillerie, il est aussitôt envoyé à Londres pour le compte
du Ministère de l’Armement. Il y reste pendant la « drôle de guerre » et la campagne de France. Il quitte
l’Angleterre le 24 juillet 1940 pour le Canada, puis les Etats Unis mais ne se joint pas aux forces libres,
comme cela a parfois été dit.De retour en France, sur les instances de sa famille, en septembre 1940
il se fait démobiliser à Vichy. En tant que juif il n’est plus un français comme les autres et se voit
désormais interdire toute activité politique et professionnelle.Il s’installe à Montpellier en zone Sud
et la persécution des juifs commençant, il s’engage pour cette communauté, devenant membre
du consistoire israélite et membre d’associations d’entraide juive notamment l’alliance israélite
universelle repliée à Marseille. La menace devenant de plus en plus précise, il franchit la
frontière espagnole en janvier 1943. Il rejoint l’Algérie en mars 1943 pour se mettre à
la disposition du général Giraud, installé par les Américains comme commandant
français civil et militaire. C’est alors qu’il commence à travailler avec Jean Monnet
au programme de réorganisation économique de guerre d’abord en Afrique du Nord
puis pour la future France libérée. Le général Giraud le nomme secrétaire aux communications.





Après l’arrivée du général De Gaulle à Alger, le comité français de la libération nationale est
créé (CFLN) le 7 juin 1943. Il devient commissaire aux communications et à la marine marchande.
Mendès France le rejoint comme commissaire aux finances. Ce CFLN compte aussi le général Catroux,
Henri Queuille, Emmanuel d’Estier de la Vigerie, Henri Freinais, René Pleven et Jean Monnet.
Ils travaillent désormais pour le compte de la France libre et René Mayer sera particulièrement
chargé de toutes les questions de transports, de communication et de l’administration des postes.

1943 - La propriété des Roches de Giverny est « aryanisée »

En mars 1943, Auguste de Villiers, ancien avoué parisien, s’adressant au commissariat des
questions juives « attire l’attention du service intéressé de la préfecture d’Evreux sur la
propriété des Roches sise à Giverny et appartenant à Mr René Mayer, précédemment
domicilié à Paris, actuellement en zone non occupée  » et se propose pour
« remplir les fonctions d’administrateur  » de la propriété que le commissariat
veut « aryaniser au plus tôt ».
Entrant en fonction avant toute nomination officielle, il visite la propriété. Il conclut qu’elle 
doit être vendue après expertise d’un architecte parisien, Ansaloni, vieil habitué de telles
missions, pour un prix de 450 000 francs, en net retrait par rapport à sa valeur d’achat
pour « vétusté et détérioration ». Son état est pourtant relativement bon sans grosses
réparations à prévoir et les parcelles de terre pourraient être vendues séparément.
Une seule offre est présentée par un certain Jean Kohler « chargé de mission par le
gouvernement  » et cette dernière sera retenue par les services rouennais du
commissariat aux affaires juives qui autorisera l’acte de cession sous condition
suspensive de son homologation par les autorités occupantes.vUn retard survient
cependant pour obtenir les titres de propriétés et le relevé du cadastre. Ce n’est
que le 6 mai 1944 que l’acte de vente est signé en l’étude de maitre Nafilyan,
notaire à Vernon entre Auguste de Villers et Jean Kohler. La somme reste
consignée jusqu’à l’homologation par les autorités allemandes, qui ne
viendra jamais, la libération étant survenue.vAuguste de Villiers et
l’architecte ne rentreront jamais dans leurs honoraires. René Mayer
récupérera sa propriété spoliée, comme il l’attestera lui-même
«l’administrateur provisoire, sur ma sommation, a concouru à la
restitution par acte notarié du 8 décembre 1944 sans que
j’aie eu à saisir l’autorité judiciaire ».

1944 - La libération et le retour

Le 28 aout 1944, c’est le retour du gouvernement provisoire d’Alger pour Cherbourg
et l’installation à Paris libéré début septembre avec René Mayer au ministère des
transports et des travaux publics et Pierre Mendès France à l’économie.
Le travail de René Mayer est immense, 18 000 km de voies ferrées sur 40 000 sont utilisables,
une locomotive sur six. Il n’y a plus de réseau routier avec 7 500 ponts détruits.1 500 ponts
sont rétablis en quelques mois dont le pont de Vernon et le pont de Bonnières.
C’est à cette époque qu’il se présente aux élections municipales de Giverny et
est élu maire, et dans la foulée le 23 septembre 1945 conseiller général du
canton d’Ecos. Là s’arrêtera son parcours dans l’Eure. Il est barré par
la présence de Pierre Mendès France, député depuis les années
30 et Georges Chauvin, maire d’Evreux et sénateur.

Le général De Gaulle tient à ce que tous ses ministres se présentent à des élections générales.
Il rend visite à Giverny avec « tante Yvonne » au couple Mayer, le premier dimanche de
septembre 1945. Il convainc madame Mayer de laisser son mari se présenter aux élections. 
Sa candidature étant barrée dans l’Eure, il se présente en Charente Maritime. Il est battu
et remet immédiatement sa démission de ministre des travaux publics, des transports et
de la marine marchande. Le général de Gaulle lui rendra un bel hommage : « placé au
lendemain de la libération devant une tâche qui semblait insurmontable, vous avez su,
grâce à vos compétences et à votre goût des responsabilités et de l’action, en quatorze mois,
refaire le réseau des communications et rendre ainsi possible la résurrection économique du pays ».
Nommé le 26 décembre 1945 commissaire général aux affaires allemandes et autrichiennes,
avec autorité sur les zones occupées il va essayer de faire adopter par les alliés les thèses
françaises sur la Ruhr, la Sarre et la Rhénanie concernant surtout le charbon allemand.
La question sera réglée par le traité franco-allemand de 1956.bAu printemps 1946, ne
pouvant toujours pas se trouver une place de député dans l’Eure, il se présente comme
député de Constantine et le restera jusqu’en 1956, mais là se situe un autre volet de son action.
De 1947 à 1953, il assume des fonctions ministérielles pratiquement constamment, est un
élément important du parti radical. Il est réélu maire de Giverny en octobre 1947 et désigné
à cette époque par Georges Bidault comme membre de la délégation française à l’assemblée
générale des Nations Unies, qui reconnait Israël en 1947 et défend le Pacte Atlantique.

1945 à 1953 - René Mayer, maire de Giverny

Elu par 130 voix sur 195 inscrits, sous l’étiquette de « résistant », il est élu maire le 19 mai 1945
à la séance présidée par Roger Toulgouat (père de Jean Marie), maire sortant, par 9 voix sur 10,
ce dernier devenant son adjoint. Le nouveau conseil de dix membres compte des noms encore
bien connus à Giverny : Madame Zélia Picard, Messieurs Brugiliole dit « Alfred », Paul Pont,
Raymond Leroux, Kléber Hervieux, Georges Cardonnné, Eugène Suzé, Marcel Thiboust.





Roger Toulgouat décède quelques mois plus tard et est remplacé comme adjoint par Raymond Leroux.
Il est amené à présider le conseil lors de chaque absence de René Mayer, qui ne manque cependant
jamais d’établir les ordres du jour et de donner ses consignes par contact téléphonique régulier.
Ses absences s’expliquent par ses occupations nationales en tant que ministre au sein de plusieurs
gouvernements, et internationales par ses fonctions auprès des nations unies à New York.
Il ne se désintéressera jamais de Giverny, étant très présent après guerre, en raison des
problèmes urgents et cruciaux à régler. Il est réélu maire après les nouvelles élections du
19 octobre 1947 par huit voix sur dix avec toujours Raymond Leroux comme adjoint.
De mai 1945 à avril 1953, date où il devient Président du Conseil, 78 séances de
conseil municipal ont lieu à Giverny. Il est présent 31 fois. Il ne se représente
pas aux élections municipales de Giverny des 28 avril et 3 mai 1953 et
est remplacé par Octave Brouet avec Paul Pont comme adjoint.

Ses principales actions à Giverny

Les bombardements de l’été 1944 ont entrainé de sérieux dommages à Giverny.
Le réseau électrique est totalement détruit. Sa réfection est confiée à la Société
Andelysienne d’Électricité en urgence. En 1946, un syndicat intercommunal qui
existe encore actuellement (le S.I.E.G.E.) est créé pour appliquer la loi de
nationalisation de l’électricité et du gaz. René Mayer qui a participé à sa
création en devient le premier président de par ses compétences multiples.
La commune de Giverny reçoit en 1945 des prisonniers allemands qui sont
employés à la remise en état des chemins vicinaux. Les problèmes
d’approvisionnement en bois de chauffage font l’objet de la séance
du conseil du 2 juin 1945. Le garde et représentant du bois Loiseau
est convoqué au conseil et mis en demeure de fournir à la commune
la quantité de bois qui était imposée et n’a pas été livrée au cours de
l’hiver 1944-45, sous peine de réquisition, soit 400 stères. Plusieurs
conseils se penchent sur le même problème. Les réserves du bois Loiseau
situé sur la commune s’amenuisent et d’autres solutions devront être trouvées.
Le ravitaillement ne permet pas de satisfaire les besoins élémentaires et le
marché noir aggrave les problèmes. Dans sa séance du 15 juin 1945, le conseil
décide d’imposer pour le ravitaillement les éleveurs de Seine et Oise ayant des
bovins dans les prés de Giverny et entérine la répartition des animaux à fournir. 
De même, il est décidé d’accorder aux vieillards le régime n° 2, leur donnant droit
à ¼ de litre de lait par jour. Dans la séance du 4 mai 1945, vient la question du pain.
Après entrevue avec le préfet, il est décidé que le blé recueilli dans la région sera
transporté au moulin d’Aveny et la farine mise aussitôt à la disposition des boulangers de la région.
La question du raccordement au réseau d’eau potable avec le syndicat intercommunal de Bonnières,
prévue dès avant 1945, ne trouve pas d’aboutissement sous le mandat de René Mayer et reste en suspens,
malgré ses nombreuses interventions auprès du gouvernement pour trouver un accord.
L’installation de l’eau courante représente une lourde dépense pour Giverny. La commune décide de
se retirer de ce syndicat et essaie de récupérer les sommes déjà versées en paiement des travaux
d’adduction non réalisés. La question de l’eau ne sera pas réglée à son départ. Les premiers travaux
seront engagés au printemps 1957. L’installation du gaz ne sera pas retenue car trop onéreuse,
et ne surviendra que dans les années 2000.

Quelques délibérations anecdotiques sous le mandat de René Mayer

- La première installation du téléphone à la mairie pour un montant de 200 francs.

- la mise en valeur du motif sur bois offert à la mairie en l’honneur du régiment britannique
libérateur de Giverny, encore actuellement dans le bureau de M. le maire.



- Un encadrement du portrait du général De Gaulle pour une somme de 100 francs,
qui ne sera enlevé que bien postérieurement à la séance du conseil du 2 septembre 1952,
suite à une proposition de M.Brugiliole estimant que son maintien revêtait un caractère politique.
La majorité du conseil votera contre cette mesure.

- Un vœu pour le maintien du tribunal des Andelys, jugeant après Evreux le plus grand nombre d’affaires.

- Des bons de pneus de bicyclette attribués par la préfecture qui ne pourront être remis que
par une commission, « la commission des pneus ".

- De nombreuses délibérations pour l’octroi de subventions au comité des fêtes présidé par M.Cardonné,
notamment pour les fêtes de Pâques, du 14 juillet et du 11 novembre .

- Une indemnité à la maîtresse de couture, Mme Bouquet qui sera portée à 2 400 francs à dater du 14 octobre 1946 .

- L’achat d’une paire de galoches pour un enfant nécessiteux, en nourrice, dont le père est décédé et la mère à l’hôpital.

- Pour les ordures ménagères, le dépôt se trouvant à une extrémité du village, il est décidé d’un ramassage mensuel
au début confié à M Aimé Singeot pour 400 francs par voyage, puis deux fois par mois à M. ROQUET de Limetz,
que beaucoup ont connus jusqu’aux années 90, pour 1 000 francs par voyage, avant la prise en charge par le SIVOM.
Un arrêté détaillé est pris le 10 septembre 1947 concernant la salubrité des espaces publics .

- Une subvention de 900 francs refusée au comité touristique de la vallée de l’Epte, et une autre refusée
à un jamborée devant l’affluence des touristes risquant de rendre difficile le ravitaillement et également
sur le fait que cet afflux éventuel ne pourrait profiter qu’aux commerçants.
- L’essence pour le transport des malades ne peut être prise en charge que sur présentation d’un certificat médical.

- L’achat d’un képi pour le nouveau garde champêtre est retenu et budgétisé.

- La commune se réserve sur toutes les terres qu’elle loue le droit de chasse et adhère à la Société de Chasse
permettant à ses membres de chasser sur les terres et bois communaux.

- Il est interdit « aux chiens de pénétrer dans le cimetière ». Des grilles doivent être posées. Il est également
question de l’agrandissement du cimetière et de son mur de soutènement.

- Le conseil est unanime pour limiter la vitesse dans toute l’agglomération à 40 km/heure.

Ce sont aussi des remerciements à de généreux donateurs

- A Mr et Mme Butler, habitant New York, pour l’envoi de nombreux colis et denrées distribuées aux enfants
et aux vieillards (sacs, chaussures, conserves, cigarettes, laine).
- A Mr et Mme Mayer pour leur don de 1 500 francs au bureau de bienfaisance à l’occasion du mariage de leur fille.

L’action du conseil municipal dans la presse

Les séances du conseil ne sont pas toujours de tout repos comme l’attestent certains articles de la presse locale
où sont mêlés ressentiment local mais surtout ressentiment sur la politique nationale suivie. Ces articles reflètent
plus une atteinte personnelle de l’époque, René Mayer s’étant écarté du général De Gaulle. Il était devenu plus radical
que socialiste en 1947, ayant dû prendre des mesures draconiennes en tant que ministre de l’économie. Ces articles
ne sauraient mettre en cause ses adversaires au sein du conseil de l’époque, qui pouvaient démocratiquement
émettre leurs opinons, à noter cependant sa clarté de vue en ce qui concerne la maison Monet qui ne sera
réhabilitée qu’en 1981. A noter également que bien que n’étant plus le premier élu aux élections
municipales de 1947, il avait quand même obtenu 87 voix sur les 104 votes exprimés.

On peut penser que le premier magistrat de la commune avait quelques soucis
avec les positions de son conseil municipal, à en lire l'hebdomadaire ...



... dans son n° 161 du 11 février 1948.



NDLR: lire "Paul" et non "Emile", comme indiqué en bas de page du journal ci-dessus.

Il est amusant de noter, sous le panneau routier de la départementale 5...
"Giverny, 240 habitants l'hiver. Cinq fois plus l'été".
Assurément un lieu de villégiature apprécié des citadins, les parisiens, en particulier.

1953 - René Mayer quitte Giverny

Ces altercations n’ont pas empêché le conseil à l’unanimité, sous la présidence de son maire-adjoint
d’adresser le 15 janvier 1953 le télégramme de félicitations suivant à René Mayer:
 
« Très honoré que Monsieur René Mayer, maire de Giverny ait été pressenti par Monsieur le président de la République
pour assumer les hautes et délicates fonctions de Président du conseil des ministres. Vu le succès remporté
par René Mayer à l'Assemblée Nationale lors de la séance d’investiture, adresse à son maire, président
du conseil des ministres ses plus sincères félicitations et l’assure de toute sa sympathie.
Ainsi délibéré  »




René Mayer, ministre et président du Conseil (1945-1953)

En 1947, il accepte de devenir ministre des finances et des affaires économiques dans le gouvernement de Maurice Schumann,
un des pères français de l’Europe avec Jean Monnet. Il côtoie dans ce gouvernement Georges Bidault, Jules Moch, François Mitterrand
et son homonyme Daniel Mayer. Il rompt avec le général De Gaulle. A cette époque, il est surnommé « le ministre ceinture »visant
à réduire les dépenses publiques.



Il est ministre de la défense nationale sous l’éphémère cabinet André Marie, puis à nouveau garde des sceaux avec Georges Bidault, et
restera place Vendôme dans les cabinets Pleven et Queuille jusqu’à juin 1951. Il devient à cette époque vice-président du conseil dans
un nouveau cabinet Pleven, ministre des finances et des affaires économiques avec une série de mesures impopulaires pour freiner l’inflation.
De 1950 à 1951, il est aussi associé à la mise en œuvre du « plan Schuman » ou « pool charbon acier », qui deviendra
la pierre angulaire de la communauté économique européenne dont Jean Monnet est le principal artisan.





La retraite

René Mayer investi en janvier 1953 en remplacement d’Antoine Pinay, s’éloigne ensuite de Giverny.
Il a vendu sa propriété des Roches fin 1952. Il se fait rayer des listes électorales de Giverny. Il apporte
par la suite son soutien au gouvernement de Pierre Mendès France, mais prend ensuite ses distances
devant la politique menée en Afrique du Nord. Il retourne aux affaires privées et consacre une large part
de son temps à des activités bénévoles d’intérêt général. Il s’éteint à Paris le 13 décembre 1972.

"Gérer la France est plus facile qu'administrer Giverny" disait René Mayer. Il fut maire de Giverny
pendant 8 ans, avec, sur certains sujets, une opposition locale tenace, ce qui n'a pas dû faciliter sa tâche.
Devenu Président du Conseil (premier ministre) en 1953 en quittant la vie municipale, on le voit,
sans doute plus à l'aise, avec les chefs d'Etat étrangers (ici avec Richard Nixon et John Foster Dulles).




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L'article de ce magazine a été écrit par François Lamy, ancien maire de Giverny.

Nous remercions Jean Baboux pour avoir accepté de revoir le texte.
Nous remercions pour la bibliographie :
- Jean Pouëssel pour son étude parue dans le numéro 28 des
"Cahiers Vernonnais" en 2007 qui a servi de base de rédaction.
- La mairie de Giverny qui nous a laissé consulter ses archives.
- Divers articles que vous pourrez retrouver sur la toile sur René Mayer.
- Des articles des journaux locaux de l’époque.

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In Memoriam

ANTOINE MAYER





Le couple Mayer eut deux enfants , une fille et un fils, Antoine, né le 9 octobre 1924 à Paris.
Antoine Mayer a rejoint Londres en 1943. Il est affecté au BCRA (service de renseignements du Général De Gaulle).
Nommé sous-lieutenant, il rejoint en Afrique du Nord, la 3ème DIA (division d'infanterie algérienne) puis c'est le
débarquement de Provence, la libération de Toulon, de Marseille, la vallée du Rhône, puis les Vosges.
Il est tué au combat le 1§ septembre 1944 à Vermondans (Doubs). Il avait 20 ans.
Son nom figure sur le monument aux Morts de Giverny.

© 2010-2021 GIVERNY AUTREFOIS - Reproduction interdite sans accord écrit des auteurs










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