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LOUIS LEBRUN et sa famille

Page extraite de l'album GIVERNY AUTREFOIS
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Texte, photos et mise en page de Jean-Michel Peers
Cartes postales de la Terra Foundation for
American Art et de Roland Sorin.
Obsèques de Claude Monet (collection Roland Sorin)
Album photos de Louis Dhenin.
Extrait du Démocrate Vernonnais du 9 décembre 1987

Merci à Louis Dhenin, petit-fils de Louis Lebrun pour avoir partagé ses
souvenirs et à Florence Beny, petite-fille de Louis Dhenin, qui nous
a mis en rapport pour réaliser cette rétrospective familiale.

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LOUIS LEBRUN, maraîcher à Giverny

Louis Lebrun (1866-1931), quitte Poissy, où il était maraîcher, pour s'installer
à Giverny. Il y épouse le 5 juillet 1890 Adeline Quillet (1868-1943). Nous n'avons
pas de photos du mariage, mais ce beau portrait de Louis en uniforme.



Le couple s'installe rue du Pressoir, en face du Hameau. Leurs voisins immédiats
de l'époque étaient la famille Pillon, la famille Tersinet et Claude Monet.
Louis commence d'abord par travailler comme jardinier chez le peintre, puis il
reprend le maraîchage en famille avec ses enfants. (ci-dessous en 1910).


1910

A gauche, Kléber, puis Marguerite, Camille, Louis et Christiane, qui a 7 ans.
En 1910, Christiane fréquente l'école du village. On la retrouve sur les
photos de classe de 1910 et entre 1911-14. (voir la page Achille Delaplace)
Quelques dizaines d'années plus tard, c'est Kléber que l'on retrouve sur les
photos de la brigade de pompiers volontaires de Giverny, qui figurent ICI.


De gauche à droite, Christiane, Camille et Marguerite en 1910


Louis et Adeline Lebrun, photographiés en 1912
au mariage de leur fille ainée Marguerite.


Louis et Adeline en 1912

Un travail en famille

Jusqu'en 1912, toute la famille cultive légumes et herbes potagères sur un grand terrain
délimité par la rue d'En-haut, la rue du Pressoir, le chemin du Roy et la rue du Colombier.
Une partie de ce terrain est aussi cultivée par la famille Hervieux. Au centre, un grand
hangar, qui existe encore. L'activité de maraîchage s'étendait aux terres fertiles
situées sur "La Prairie" de l'autre côté de la voie de chemin de fer et
du petit ru. La famille vendait sa production rue Carnot à Vernon.

Louis Lebrun a aussi participé à l'aménagement des terrasses paysagées derrière
l'hôtel Baudy, créées par Albert Féron, face au premier atelier d'artiste de Giverny.(D.G).

LES ENFANTS de LOUIS et ADELINE LEBRUN

Marguerite Lebrun

En 1912, l'ainée de ses filles, Marguerite, épouse André Durdan, cultivateur au
Val Corbon, hameau se situant entre Giverny et Ecos. Le couple s'y installe.


5 octobre 1912

Le repas de mariage a lieu l'hôtel Baudy. On retrouve le même
arrière-plan actuellement que celui qui figurait sur la photo.



A l'époque, on ne faisait venir le photographe de la ville qu'aux grandes occasions.
Au vu du résultat, souvent d'excellente qualité, la tentation était grande de se
faire tirer le portrait en studio devant des décors peints, avec des fonds
allant du décor théatral au "retour à la nature" le plus kitsch.



Ces mises en scène changaient des photos de cérémonies, souvent guindées, où il n'était
pas facile d'immortaliser une bonne image de tous les participants en même temps.
André Durdan et les Lebrun firent donc appel à Monsieur Demay photographe
professionnel à Vernon. Certaines de ces photos devinrent même des
cartes postales, sans doute destinées à la famille et aux amis.
Sur papier épais, elles étaient imprimées à Paris chez un
fabricant de plaques, films et papiers photographiques.

Tirées à plusieurs exemplaires, plusieurs collectionneurs en possèdent.
Ces cartes ont permis de compléter les albums de la famille du
maraîcher, précieusement conservés par Louis Dhenin.


André et Marguerite DURDAN


André Durdan


Christiane Lebrun

Onze ans plus tard, en 1923, Louis Lebrun marie Christiane,
la cadette de ses trois filles, à Charles Dhenin.


Christiane Lebrun en 1920


Charles et Christiane DHENIN

A nouveau, la fête se passe à l'hôtel Baudy, mais cette fois-ci, le photographe
a choisi d'immortaliser ce grand jour devant les marches qui donnent accès
à l'atelier du jardin de l'hôtel. Cet atelier figure sur la carte postale ci-dessous.
Il fut construit par Angelina Baudy pour le peintre Theodore Robinson en 1887,
et permettait aux peintres en plein air de se mettre à l'abri par mauvais temps.





Camille Lebrun


1924 - Firmin et Camille Berger

Firmin Berger était régisseur à la Ferme de la Côte,
à deux pas de la maison des Lebrun.


Kleber Lebrun

Né en 1894, que l'on retrouve ci-dessous, à gauche, avec ses camarades
de l'équipe de pompiers volontaires de Giverny.




Louis Lebrun, fils


Né le 18 Août 1897 à Giverny. Il fut appelé en 1916.

Louis se marie en 1923 avec la fille du maire de Limetz.


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CLAUDE MONET

En 1926, Claude Monet décède et le corbillard, suivi de sa famille et ses amis, est
précédé du maire, Alexandre Gens (au centre) et de Louis Lebrun (à droite).
Le maraîcher, qui avait travaillé pour Claude Monet, le mettra en terre.



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"J'ai posé pour Claude Monet quand j'avais cinq ou six ans"



En 1987, à l'age de 96 ans, Marguerite Durdan, deuxième fille de Louis Lebrun, confie
ses souvenirs à Catherine Montourcy (Le Démocrate). Ce témoignage rare fait revivre
une époque où les villageois et Claude Monet se sont côtoyés - ou ignorés - pendant
un bon quart de siècle. Cette conversation est intégralement retranscrite ci-dessous.

Extrait du Démocrate Vernonnais, mercredi 9 décembre 1987

"Mme Marguerite Durdan a aujourd’hui quatre-vingt seize ans. Assise dans un fauteuil,
dans la grande ferme familiale près d’Ecos, devant un cadre contenant des photos de ses
trente-trois arrière-petits-enfants, elle fait appel à ses souvenirs. Jusqu’en 1912,
l’année de son mariage, à une époque où elle s'appelait encore Lebrun, elle a
été la voisine du peintre illustre Claude Monet. Elle a même posé
pour lui, une fois, quand elle était petite. Ca ne date pas d'hier.

J’avais cinq ou six ans. Mes cheveux étaient ondulés, j’étais la deuxième de ma famille.
Quand il m’a vue, il a demandé à mon père s’il pouvait faire mon portrait
,
se souvient Mme Durdan. J’ai posé debout, devant la basse-cour.
Il me payait dix sous de l’heure. Je n’osais pas bouger,
parce qu’il me faisait peur, comme il faisait peur
à tout le monde à Giverny.


Mme Durdan, qui était alors Melle Lebrun, n’a jamais su ce qu’est devenu le portrait.
A l’époque, les habitants de Giverny ne s‘intéressaient pas aux travaux de Claude Monet.
On se moquait pas mal de ça. Mes parents avaient leur travail, et Claude Monet avait le sien.

Plus tard, la famille a fait des recherches pour savoir ce qu’était devenue la toile, mais
sans résultat. Chez les anciens habitants de Giverny, le regret est aujourd’hui général:
On aurait pu en avoir, des toiles, s’exclame Mme Durdan, surtout qu’à
la fin de sa vie, il en déchirait certaines à coups de couteau.


C’est à deux titres que la famille Lebrun avait des rapports avec Claude Monet.
Voisins, tout d’abord : Mes parents ont toujours demeuré à droite, ou à
gauche de chez lui. Quand je suis née, en 1891, ils habitaient à gauche
.

A cette époque, Claude Monet était installé à Giverny depuis déja huit ans.
Il faut préciser que le père de Mme Durdan, jardinier-horticulteur,
travaillait pour le peintre. Il le fournissait en légumes et
s’occupait des fleurs et des arbres du jardin.
C'est ainsi que, jusqu’à la mort de Monet,
la famille Lebrun allait trois ou quatre
fois par semaine lui porter des légumes.

Mme Durdan s’est souvent acquittée de cette tâche.
C’était un fin gourmet, il était surtout végétarien, se souvient-elle.
De ces fréquentes incursions sur le territoire du peintre, celle qui
était alors une petite fille se rappelle quelques anecdotes:

Un jour, j’ai cueilli des fleurs dans le jardin en partant. Il a dit à mon père:vous direz
à votre fillette de ne pas cueillir de fleurs
. C’était surtout l’occasion de voir
vivre celui qui allait devenir un grand homme : Il était froid. Les gens ne
l’aimaient pas beaucoup à Giverny. Il était dans la misère : Une de mes
parentes était couturière, elle disait qu’elle ne savait plus
comment réparer ses vêtements, tellement ils étaient abîmés
.

Sur le peintre lui-même : Il n'aimait pas qu’on le regarde travailler, se souvient Mme Durdan:
quand il peignait, il jetait son pinceau en avant, précise-t-elle en faisant le
geste:
Claude Monet était souvent seul, il n‘avait pas beaucoup d‘amis.
Quand il est mort, en 1926, il n’y avait que Clémenceau derrière son cercueil, je l’ai
vu
, se rappelle Mme Durdan. C’était un vrai sauvage, et son garçon Michel était pareil.

Par contre Mme Hoschedé, qui était venue s’installer à Giverny avec ses six enfants, était
très généreuse. Elle faisait des gâteaux et offrait des cadeaux à tout le monde. Claude Monet
l’avait épousée en 1892, mais nous on continuait à l’appeler Mme Hoschedé. Sa première femme
était morte de faim
. Bien des années se sont passées, et la maison de Claude Monet est
aujourd’hui un musée. Bien entendu, Mme Durdan a tenu à s’y rendre, malgré son grand âge.
J’étais contente de voir la cuisine, précise-t-elle, rien n’a changé.
Par contre, elle est beaucoup plus critique en ce qui concerne le jardin : Il n’y
avait pas autant de fleurs que maintenant, souligne-t-elle, et les fleurs étaient plus
ordinaires. Je me rappelle que les plus belles étaient des iris d’un magnifique bleu rosé
.

Après quatre-vingt dix années, le souvenir est encore bien présent. Il ne se perdra pas.
Plus tard, quand les arrière-petits-enfants de Mme Durdan emmèneront leurs enfants visiter
les jardins de Giverny, ils leur diront en passant devant la basse-cour : C’est là que votre
aïeule, un jour, a posé pour Claude Monet
.

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nederlanduardo22-Nov-2015 03:36
Charles et Christiane DHENIN": Those stairs made of logs look really cool. He so short and she's so tall. It was love at first sight I guess.
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