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13-AUG-2004 jmo

5 janvier 1966 : Drame chez les Butel, l'accident mortel de Lucienne et Bruno

Photo : Alpine Renault

Mercredi 5 Janvier 1966 – Un drame chez les Butel.
Lucienne et Bruno Butel, Henri Butel, Hervé Butel et toute sa famille.
Mam, Jean
Voitures : Mini 1000 (accidentée), Dyna.

Semaine terrible pour les Butel.
Mercredi 5 Janvier, aux alentours de midi je reçois la visite de Lucienne Butel à El Patio. C’est la belle-sœur d’Hervé, épouse de son grand frère Henri. Elle est venue dans sa Mini 1000 avec son fils Bruno un gentil gamin de cinq ans. Elle cherche Hervé et a l’air inquiète. Où peut-il être ? Etant sans informations le concernant depuis un certain temps je l’imaginais vivre à Montardon, comme d’habitude pourrait-on dire. Mais, selon Lucienne, il a quitté Montardon sans crier gare ni dire où il allait. Disparu. Sachant que nous étions copains de longue date elle pensait que je saurais quelque chose. En me posant ces questions, ses inquiétudes, son ton et ses yeux étaient ceux d’une amoureuse, indubitablement. Encore une victime du charme « slave » d’Hervé comme il se plaisait à en rigoler, lui l’implacable bourreau des cœurs ? Etant peut-être allé trop loin avec sa charmante belle-sœur a-t-il préféré prendre de la distance, et ce d’autant que son frère Henri n’est pas un tendre.
Que n’ai-je invité Lucienne à prendre un verre pour poursuivre sereinement la conversation entamée dehors au portail du jardin d’El Patio. Mais vu l’heure, inquiète et pressée elle ne tenait pas à s’éterniser afin d’arriver à Montardon pour déjeuner avec son mari et ses beaux-parents. Et elle me confie qu’elle repassera dans la soirée si elle n’a pas d’autres nouvelles d’Hervé. C’est évident, elle est accro. J’aimerais l’aider et je comprends son tourment. C’est une femme attachante. Elle me plaît à moi aussi. Mais les absences d’Hervé ayant toujours été un mystère pour moi – un mystère que je n’ai jamais cherché à résoudre – cet épisode-ci ne déroge pas à la règle, sauf que je connais maintenant l’un (ou l’une) des tenants.
C’est en me faisant une réflexion de ce genre que je la regarde partir dans sa petite tire de minette. Nous nous sommes promis que le premier informé avertira l’autre.
Dans la soirée j’ai attendu en vain la visite de Lucienne. Tout est bien qui finit bien me suis-je dit, elle a dû retrouver son Hervé.
J’ai appris la terrible nouvelle le lendemain matin jeudi, et comme toujours en pareil cas, claironnée par Mam à travers El Patio, très tôt le matin, le journal en main. Lucienne Butel et son fils Bruno tués dans un accident de la route hier vers midi. Goût de cendres dans la bouche. Comment est-ce possible ?
Et pour ajouter de l’horreur au drame, presque au même instant, à soixante km de là, Hervé prenait connaissance de cette affreuse nouvelle en parcourant le même canard que Mam. Il s’était réfugié à Gourette où il connaissait du monde (Yves mon oncle et le berger par exemple, voir la tentative au Sarrières) et où il avait occupé un poste de pisteur en hiver.
Effondré il est passé me voir à El Patio jeudi soir. Inutile de faire des discours ou un dessin, il était évident qu’il avait perdu beaucoup plus qu’une simple belle-sœur. Il portera lourdement ce deuil durant des mois, et se montrera quelque peu suicidaire lors de ses entreprises en montagne. (couloir Pombie-Suzon à l’Ossau, Grande Lézarde au Balaïtous).
Samedi 8 Janvier je suis allé assister aux obsèques et à l’enterrement à Montardon avec Mam. C’était noir de monde. Henri, grand, figé, m’a simplement dit « Merci, Jean ». Deux mots brefs que je n’ai pas oubliés.
C’est dur, et on a parfois envie de pleurer (sic).

Circonstances de l’accident mortel

Lucienne circulait tranquillement sur la route de Bordeaux, en ligne droite à la sortie de Pau, peut-être un peu vite allez savoir, lorsqu’une grosse berline s’est brusquement déportée à gauche et a heurté de face la petite Mini 1000, la pulvérisant et tuant net ses occupants. La vie, l’amour, la mort. Clap de fin.
Le responsable était un riche industriel de la région qui rentrait d’une nouba, alcoolisé, n’ayant pas dormi de la nuit et s’étant brusquement endormi au volant. Le même type d’accident est arrivé récemment au maire d’Arbus qui a été lourdement puni. L’enfoiré de la route de Bordeaux a bénéficié du fait que nous étions en 1966, que la législation dure anti-alcool n’existait pas, et que du moment qu’il était assuré tout allait bien. Puisse le remords l’avoir poursuivi jusqu’à la tombe, lui qui était sorti indemne de l’accident. Même pas sûr puisqu’il « était assuré ».

Olympus C-740UZ
1/320s f/4.0 at 7.1mm iso64 full exif

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Pat25-Aug-2018 16:32
...Une merveille...!!! ça me rappelle quand j'allais gauler, en pleine nuit, des autographes à Andruet, Darniche, Larrousse, Todt..au Monte Carlo ou au tour de France auto ...Allez, j'dirais 67/70....??? V