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Jean M. Ollivier | all galleries >> Galleries >> Rocher Blanc > Rocher Blanc
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24-AUG-2005 jmo

Rocher Blanc

Le ROCHER BLANC

La bête

Le Rocher Blanc est un vieux bonhomme, un patriarche qui dresse fièrement son étrave de navire dans l'austère versant nord du chaînon qui va du Rey (1349 m) au Pène Peyrau (1134 m) couvert de forêts de hêtres, dernier sursaut de la cordillère pyrénéenne avant les plaines béarnaises. De cette forteresse médiévale la vue est exceptionnelle sur les gracieux vallonnements des innombrables rangées de coteaux, sur les petits villages et les fermes disséminés de-ci de-là, avec au loin, se confondant presque avec la ligne d'horizon, Tarbes, Pau, Lacq, Orthez et le liserai brun de la forêt des Landes. La nuit le paysage est particulièrement fascinant.
Vieux il l'est ce bloc massif de calcaire aptien formé au fond de la mer aquitaine voilà 120 millions d'années, et redressé à la verticale voilà 45 millions d'années par la tectonique puissante qui est à l'origine de la formation des Pyrénées. Son histoire géologique explique ainsi les grandes fissures verticales qui parcourent le rocher et l'absence de vires horizontales confortables.
Il mesure 130 mètres dans sa partie la plus haute.

Un peu d'histoire

A peine les rochers d'Arudy avaient-ils été découverts que les yeux des grimpeurs se portaient déjà sur cette sorte d'échauguette plantée au milieu des forêts de hêtres.
Sévérité des lieux exposés au nord, difficultés d'accès, l'élan inquiétant des falaises et leur compacité ont été des éléments dissuasifs pour les grimpeurs qui avaient remarqué le monolithe dès les années 30. Les "découvreurs" des rochers d'Arudy (Sestograd City) avaient eux aussi remarqué ce rocher et lui avaient rendu visite au tout début des années 60. L'absence de la moindre piste à l'époque et une abondante végétation rendaient la marche d'approche relativement longue ; de plus, ainsi que mentionné plus haut, les dimensions de l'arène et ses surplombs les impressionnèrent fortement et ils jugèrent qu'il valait mieux ne pas trop se disperser et conserver leurs énergies pour les rochers d'Arudy qui représentaient déjà un chantier important. Ces grimpeurs raisonnaient "école d'esclade", terrain d'entraînement et de perfectionnement à la portée d'une majorité de grimpeurs et selon ces critères le Rocher Blanc ne respectait pas vraiment ce "cahier des charges" ! Une évolution était nécessaire. Chaque chose en son temps.
Une décennie plus tard, aguerris et déterminés, les mêmes grimpeurs qui avaient tremblé au pied du géant, revinrent avec la ferme intention de lui faire un sort. Son accès était toujours aussi malcommode et la marche d'approche l'apparentait à une petite course en montagne, les broussailles en prime. Il ne semble pas qu'il y ait eu des tentatives d'escalade entre temps.
C'est en partant du bas (impensable à l'époque d'équiper par le haut), que François Fougère, Jean-Paul Bourdeau et Jean Ollivier ouvrirent FouBourdOl la première voie le 6 juin 1972 dans la partie la plus haute du rocher, en suivant un système de fissures proche du fil de l'éperon central et en laissant la voie partiellement équipée de pitons. La seconde ascension fut réalisée peu après par Pierre Pailha et Jean Subervie. Au cours des années qui suivirent la voie devint une classique, offrant un bon entraînement de début de saison.
En 1974 un nouvel itinéraire fut ouvert, dans le même style, par Guy Sérandour et Jean Ollivier, les Voisins Ennemis, sur une ligne de moindre résistance mais réservant des enchaînements intéressants.
Puis le rocher se rendormit durant une nouvelle décennie et fut l'objet dans les années 80 d'un réalisation d'importance, dont le niveau tranchait nettement avec les voies précédentes : la voie Ponchika (juin 1985) , suivant au plus près l'éperon central du rocher. Comme partout ailleurs la mutation de l'escalade avait frappé le Rocher Blanc. La voie fut équipée d'en haut au moyen de spits avant d'être grimpée par J. Ollivier, avec quelques points d'aide. Cet itinéraire fut repris par quelques-uns des bons grimpeurs de la région. C'est une ligne splendide, très aérienne, sur un rocher compact pauvre en prises, en fil à plomb. Son équipement initial, en spits de 8 fut renouvelé dans les années 90 par des rings à toute épreuve (ainsi d'ailleurs que la voie originale et les Voisins Ennemis).
Dans la foulée fut équipée et ouverte La Dame Bleue de la Nuit au centre de la paroi, parcourue dans sa partie médiane par la fausse vire de Sunset Boulevard, ainsi nommée à cause de son exposition sympathique au soleil du soir. L'équipement préliminaire en spits de 8 fut là aussi renouvelé dans les années 90. Son premier parcours à vue, sans point d'aide (hormis les premiers mètres de la voie, obligatoirement artificielle) fut effectué par Bernard Escoffier en 1993 accompagné de J. Ollivier.
Ces quelques voies révélèrent le grand potentiel de ce rocher, et des itinéraires furent systématiquement aménagés dans les années 90 et équipés selon les normes actuellement en vigueur.
A noter que dans le secteur ouest des Cornes de Pédestarres, Bataille autour d'un Pissenlit n'a que ses relais équipés. Cette voie, peu difficile offre ainsi l'occasion d'apprendre à placer des protections individuelles. Les autres voies de ce secteur ont un équipement volontairement espacé en raison de leur difficulté moyenne et des nombreuses possibilités offertes par le rocher pour placer des protections (friends, coinceurs, anneaux de corde, sangles).
Enfin, s'il fallait retenir quelques voies marquantes dans ce petit massif, je choisirais – outre la classique, Ponchika et la Dame Bleue :
- Les Disparus de Srebrenica, ouverte en 1995, jugée "exotique" par Bunny, mais néanmoins appréciée, offre, outre l'ambiance, un système de fissures qui rend son escalade variée et très attrayante.
- De la Terre à la Lune se déroule dans une partie dérobée et vertigineuse du rocher et finit par un "pan" surplombant équipé de prises artificielles.
- Poupée de Pierre, voie courte à l'ouest du rocher est un régal de placements astucieux, jamais athlétiques.

A la suite de quoi on aura envie de faire toutes les autres voies ... pour voir.

J. Ollivier


Olympus C-740UZ
1/125s f/3.7 at 63.0mm iso89 full exif

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