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Jean M. Ollivier | all galleries >> Scraps et souvenirs >> Secret pin's >> Dans le secret des Ollivier >> Compilé des meilleurs écrits et récits >> Les escalades arudyennes > Directissime à Sesto. Tentative 13/12/59, Ouverture 27 mars 1960
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1964 JMO

Directissime à Sesto. Tentative 13/12/59, Ouverture 27 mars 1960

Arudy

Photo : Préparation de S. Sarthou avant son expédition au Mont Huntington avec Lionel Terray

Dimanche 13 Décembre 1959
Equipe Hervé-Jean. Véhicules : vélos. Trajet : Pau-Arudy et retour.
Tentative au Dièdre de la Directissime

Au lieu de partir à 6h1/2 comme prévu nous ne pûmes démarrer qu’à 8 h.
Aussi c’est encore heureux que nous puissions attaquer à midi.
Cette fois on ne nous y reprendra pas. Le temps est gris et incertain.
Encore heureux qu’il ne pleuve pas. Cette fois, dis-je, nous avons
emporté de quoi nous changer entièrement et en double exemplaire en plus
(j’avais entre autres choses 3 anoraks, 3 pull overs, 2 chemises,
2 pantalons etc… Et c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’a pas plu.
Donc j’attaque, bardé de ferraille tintante et cliquetante comme
d’habitude. Il fait froid, j’ai les doigts gourds. Je m’élève de deux
mètres puis retombe lourdement dans les feuillages. Ce n’est rien. Je
me réchauffe les mains et repart à l’attaque. J’arrive au pied de la
cheminée en question [ ?] qui n’est d’ailleurs qu’une méchante fissure,
en surplomb de surcroît. Elle dégouline de flotte. Tant pis, on l’a
choisie, on l’aura, on la vaincra, dut-on la transformer en un bloc de fer.
Au départ j’installe un excellent piton d’assurance. Rassuré j’attaque.
Mais c’esdt très dur ; pas de fissures pour mettre les pitons, si ce n’est une
grande faille centrale pour les coins de bois. Mais les coins, tête
en bas, j’hésite. J’aperçois loin au-dessus (2 m !) une bonne fissure
pour cornières. Mais c’est bien trop loin.
A l’aide d’oppositions savantes et acrobatiques j’atteins sur la gauche
une fissure pour cornière. J’en installe une et m’élance. Je crie
déjà victoire, car une bonne fissure à pitons grimpe sur une roche
absolument lisse par ailleurs. Je continue donc à planter des pitons
(4). Mais une fissure horizontale vicieuse met un terme à la
fissure verticale.
Que faire ? Entre ciel et terre, pendu à mes ficelles comme une
araignée à son fil je cherche la solution du problème. Si je continue
sur la gauche j’empiète sur une autre voie. Et pour aller à droite
vers la cheminée-fissure en surplomb, pas le moindre gratton, pas le
moindre trou. Il faudrait des pitons à expansion et ce serait vite
liquidé, mais nous n’en n’avons pas.
J’essaie alors une traversée en esposito. Mais chaque tentative
se termine par d’abominables pendules. Impossible.
Furieux je reviens à la base de la fissure. A l’aide d’oppositions
fragiles et avec des efforts surhumains, je place un coin auquel
je n’ai qu’une confiance limitée, puis une cornière encore plus haut.
En essayant la solidité de la cornière j’envoie à toute volée le
marteau dans mon petit juif droit. On aurait dit que j’avais mis
ma main dans de l’eau bouillante. J’ai presque failli dévisser.
Au moment d’émerger au-dessus du surplomb un misérable arbuste plein
d’épines me barre le passage. C’est la fin. Voilà plus de trois
heures que je suis pendu à des fils, j’en ai assez. Tout ça pour
quelques mètres à peine. C’est pas rentable.
Pendant une heure Herr-Wick essaie de forcer le passage. Il place
un piton un peu plus haut que les miens, mais ne peut émerger
au-dessus du surplomb.
Le soir, en revenant à Pau, un incident technique de vélo nous
sépare sur la route, et je rentre seul, la dynamo tenue par trois fils…


Dimanche 27 Mars 1960
Equipe Hervé-Vincent-Jean. Véhicules : vélos. Trajet : Pau-Arudy et retour.
Virgule
Bloc Coincé-Toit
Directissime partie supérieure (ouverture)
Défrichage
Nous retrouvons comme chaque fois, avec plaisir, notre petit emplacement
sous l’auvent de rochers [le Bivouac de Sesto]. Nous sommes trempés vu
qu’il a plu. Vincent s’active autour du feu qu’il a allumé pour
nous réchauffer et faire sécher les affaires.

Nous mettons également le feu aux broussailles du dessus du camp. Tout se
passe bien, et voilà une nouvelle zone dégagée et de nouvelles possibilités !
Le projet d’aujourd’hui est d’ouvrir la Directissime et sortir au sommet.
Nous nous équipons en vue d’attaquer et de vaincre la Directissime
soi-disant artificielle. Nous ne l’attaquons pas par le dièdre pitonné
de départ mais par la voie de Z (v
oir le schéma de la page 28 du carnet), autrement dit La Virgule puis
le Bloc Coincé et le Toit où Hervé prend deux photos.
Nous allons ensuite jeter un coup d’œil derrière l’Aiguillette regarder
quel est le résultat du feu mis aux broussailles. C’est concluant.
Nous voilà enfin au pied de l’escalade proprement dite. C’est assez
surplombant. Quelques pierres croulent, mais une magnifique fissure
oblique, zone de jonction entre deux strates, m’invite tout naturellement
à mettre un bon piton. Il ne suffit pas pour parvenir dans l’espèce
de cheminée que je devine derrière. Un second piton est également
inopérant à cause de la muraille du dessus qui me projette en arrière,
et de celle du dessous qui fuit sous mes pieds. Un troisième pityon
vient à bout du passage. La suite ne s’avère pas trop difficile et la
cheminée se vomit en une vaste dalle, dans laquelle je plante un piton
pour faire venir Hervé. Il émerge du vide.
Cette dalle raide, se projetant dans le vide, est surmontée d’un grand
toit, d’un vrai de plusieurs mètres, compact et lisse, sans possibilités
d’escalade. C’est bien dommage, il faudra voir cela de plus près quand
même. Pöur le moment il nous abrite agréablement de la pluie qui tombe
drue « à l’extérieur ». Mais il faut y aller, et la fin, de difficulté
moyenne dans une végétation de plus en plus luxuriante, et aussi de plus
en plus mouillante.
C’est trempés que nous parvenons au camp, où il y a heureusement un bon
feu. Il ne faut pas oublier de dire que nous avons vu, de l’endroit le
moins commode, l’un des propriétaires des nids : un « aigle » [vautour
?] de couleur claire et de forte taille qui s’est envolé pesamment en
nous apercevant.
Il n’est pas tard mais Hervé doit partir avec son frère pour assister
à la messe à Pau. Moi j’ai tout mon temps, il me reste au moins deux
heures. Je vais reconnaître le secteur déblayé récemment par le feu.
Puis je « construis » à travers les broussailles un chemin direct à
flanc pour nous éviter de monter et de descendre pour parvenir au
camp [le Bivouac de Sesto].
Puis je rentre à Pau, non sans m’être fait chier à Gan au milieu
d’un tas d’ahuris revenant de la fête. Complètement cons.


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