Photo : Robert et Maité dans les années 1930
1968 Mam, très malade, choisit d’aller à Arudy. Pourquoi ?
Ne pas aller chercher de réponse dans le « Cahier Vert », nid de haine et de reproches.
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Toute jeune Marie-Thérèse (MT), l’aînée des filles de la fratrie de
6 enfants (Gérard, MT, Hélène, Cécile, Lucienne (Loulou) et Yves) fut
obligée de prendre le relais de sa mère, dépassée par les évènements.
S’occuper et élever des plus jeunes devint pour elle une seconde nature.
De ce fait elle abandonna très tôt l’école, à son grand regret.
Elle compensa ce qu’elle considérait comme un handicap important
pour son esprit curieux par de la lecture, par une ouverture sociale
aux autres. Elle s’évada parfois de cette famille envahissante pour
explorer ces Pyrénées, immenses et mystérieuses, visibles au sud
de Pau. Accompagnée d’amis qu’elle avait su convaincre elle découvrit
plusieurs sites remarquables des Pyrénées, dont Gavarnie et
Gourette où elle apprit à faire du ski. Pour des raisons de facilité
liée à la proximité de Pau elle arpenta fréquemment la Vallée d’Ossau
et ses nombreux sommets, autant de belvédères du roi de la région,
le Pic du Midi d’Ossau. Pic provoquant s’il en est que de nombreux
palois pas forcément montagnards, ont gravi parce qu’il était là.
MT n’a pas échappé au pouvoir d’attaction de cette montagne étrange,
autre chose que les petits sommets anonymes de la Vallée d’Ossau.
Elle décida donc un jour d’aller le voir de plus près et pourquoi
pas de tenter son ascension. Funeste désir, mais elle ne s’en doutait
pas le moins du monde évidemment. C’est ainsi qu’avec quelques hardis
compagnons elle organisa une « expédition » vers la grande montagne.
Munis de quelques renseignements, glanés de ci de là (pas de guide
papier à l’époque), le projet « Pic d’Ossau » nécessitait d’aller
dormir dans le minuscule et inconfortable refuge de Pombie, sis au
pied du pic. L’un des copains de Maité avait eu le droit d’emprunter
la voiture de ses parents pour remonter la Vallée d’Ossau. Une
chance, car le train, un moment envisagé, s’arrêtait à Laruns, fort
loin de l’objectif visé.
Donc, sitôt ses obligations familiales accomplies, Maité embarque
dans la voiture de ses trois copains dont une fille, et vogue la
galère jusqu’à un endroit indéterminé de la haute vallée d’Ossau.
Au lieu-dit le Chêne de l’Ours l’Ossau leur apparut dans toute sa
puissance avec l’air de dire « petits freluquets vous ne savez pas
à quoi vous vous engagez, plus d’un en est revenu les pieds devant.
(Nous sommes en 1932 et il y eut tellement d’accidents mortels que
le préfet des Basses Pyrénées de l’époque fit installet des « crampons »
dans la voie normale d’ascension). La petite équipe se rassure
en évoquant ceux qui en sont revenus sains et saufs. Une crainte
respectueuse les habite néanmoins. Ils ne s’attendaient pas à ça !
Ils arrêtent la voiture au lieu-dit “Pont de Camps“ et empruntent
un sentier tracé par les troupeaux qui les conduit dans un immense
vallon. La journée s’avance, la nuit commence à tomber. Ils perdent
le sentier et se retrouvent bientôt où s’entassent des blocs
gigantesques rendant la progression très pénible. Les plus motivés
pensent que c’est ainsi que l’Ossau se gagne, mais la copine, rendue
malade par ces efforts, menace de déclarer forfait. Mais il est
hors de question de l’abandonner en des lieux aussi hostiles abritant
possiblement un ours affamé, furisux d’être dérangé (Ossau signifie
pays des ours, détail charmant qui en rajoute aux mystères qui
entourent le grand pic. La nuit, l’ours, le labyrinthe inextricable
d’un chaos de blocs énormes, tout semble se liguerpour faire échouer
l’expédition. Ici c’est du sérieux comparé aux aimables promenades
en basse vallée d’Ossau. L’un des garçons se charge du sac de la
minette et un autre se propose de la pousser ou de la tirer pour
faciliter sa progression, mais pas de la porter !
Cahin caha la petite troupe arrive enfin au refuge de Pombie, hâvre
de salut de ces naufragés de la caillasse épuisés. Ils réveillent
les occupants qui pensaient passer une nuit tranquille et manifestent
alors leur mauvaise humeur.
Extrait de « Pic d’Ossau » page 93 ; « Tout à coup, dieu sait à
quelle heure, le bruit de ferraille de la porte, des appels, des jurons,
des grincements de clous sur le béton nous réveillèrent sans douceur :
« Zut ! pensa chacun de nous, adieu la tranquillité ; nous ne sommes
plus les propriétaires !
……
- En voilà des façons, grognai-je, de réveiller des chrétiens
à des heures pareilles.
- Eh ! Nous serions bien arrivés plus tôt, mais il y aune fille
qui est malade. C’est peut-être de traverser la caillasse, qui lui a
donné le mal de mer
- Ah ! Y a des filles ! Quelle idée de traîner des filles en
montagne. Elles ont toujours mal quelque part. Tu n’es pas un peu
malade toi-même, mon vieux, de remorquer ces poids lourds. »
Le lendemain Maité réussit facilement l’ascension de l’Ossau avec
ses camarades, hormis la victime du mal de mer, trop centente de
rester au refuge. Ils y retrouvèrent Robert qui venait de gravir
le Petit Pic et s’apprêtait à enchaîner avec la Pointe d’Aragon.
Les « vainqueurs » de la voie normale n’en revenaient pas, eux
pour lesquels la descente du pic était un souci majeur !
Mais avant de rejoindre la morne plaine, Maité eblouie par les
performances du grimpeur Ollivier, finit par connaître son nom
et, point capital, son adresse à Pau. Formidable surprise il ne
logeait qu-à deux rues de la sienne, donc aucun problème pour
lui rendre visite. Voilà qui la changerait diablement (c’est
le mot malheureusement) de ses copains du moment sans envergure
et qui avaient peur de tout.
De 1932 à 1938 l’année de leur mariage le couple sillonna les
Pyrénées et réussit nombre de premières. De ces années sportives
le seul grand souvenir de Maité concerne la région des Encatats,
dont elle reparlait souvent. Gourette, Ansabère (1ère féminine
de la Grande Aiguille) Bious-Artigues, Balaitous, Marcadau,
Vignemale, Espingo… et bien d’autres régions des Pyrénées
qu’elle évoqua très peu ou pas du tout. Seuls les Encantats
(1935) l’avaient charmée et elle en parlait avec émotion.
A 50 ans, suite à un pari fait avec deux jeunes pyrénéistes
elle eéussit avec eux la face Ouest du Petit Pic d’Ossau,
escal&de non négligeable de ce massif et malgré que son
Robert chéri ne l’amen$t plus en montagne depuis longtempes.
A soixante ans passés elle avait bivouaqué au Rocher d’Aran
avec une amie après s’être perdues dans le brouillard et la
nuit. Elle en riait, mais pas sa copine !
Arudy maintenant. Comme on l’a vu plus haut la montagne,
l’escalade ne lui étaient pas étrangères.
Elle a suivi avec intérêt les pérégrinations de son fils aîné
en montagne et particulièrement dans les rochers d’Arudy.
Elle y vint se rendre compte par elle-même et réussit quelques
escalades de cette école hors norme. Elle avait compris mon
amour pour ces rochers auxquels je consacrais beaucoup de temps
et d’énergie. Et son implication dans mes activités avait
beaucoup plus d’importance que je ne l’aurais imaginé. Se
rendre à Arudy revenait à rendre pour elle visite à son fils
dans le domaine favori de ce dernier.
Maité à Arudy/Sesto :
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