Lorsque jm était à la recherche de travail en 1973 :
Mardi 15 Mai 1973 – RV à la fac. Reçu par Zobac, auquel j’ai fourni un dossier et un exemplaire de ma thèse.
Sa proposition pour un éventuel travail à la fac est lamentable et il n’a même pas honte de me le proposer. Avec des tarés pareils on comprend mieux comment l’esclavage a pu se développer. Avec un tel zèbre il faut payer pour occuper un poste. Qu’on en juge : Travail principal : entretien de matériel scientifique (réception, révision, mise au point, contrôle, réforme etc.) et à temps perdu aller à Toulouse une fois par semaine à mes frais en vue de préparer une thèse d’informatique. Je n’ai pas noté le montant de ma rétribution tellement elle était misérable.
A cette époque je recevais une proposition pour enseigner 70 heures par semaine dans un trou perdu tout en réalisant un travail personnel. A se demander si tout cela n’était pas fait exprés pour m’éjecter du système et me réduire à l’état de chomeur perpétuel.
Le cas typique d’un nanti égoïste et content de lui: L'André de la SNPA
Tout ce qui précède me rappelle qu’avant de dénicher le travail HOT* au CRP mon père m’avait introduit auprès d’une de ses connaissances de montagne, nommée André, et qui travaillait comme administratif dans le bâtiment des Allées de la SNPA, afin d’examiner la situation et voir s’il n’y aurait pas une possibilité pour moi de travailler dans cette société, quel canal emprunter etc. Du temps où mon père travaillait chez Charpentier en tant que Directeur Commercial ( !!) il avait fait embaucher plusieurs secrétaires (mal payées par Charpentier) à la SNPA [peut-être attendait-il un retour ? sait-on jamais], et peut-être avait-il fourni le tuyau au dit André. Il fallait voir aujourd’hui le bonhomme André, quel minable – peut-être occupait-il quelque poste subalterne – sans idées, terrifié par nos demandes, s’identifiant à la grosse société qui l’employait pour mieux se cacher derrière - . On lui aurait demandé de sauter du haut de la Tour Aquitaine à Paris qu’il n’aurait pas été plus affolé. Non, non, rien de rien… tout est complet… l’avenir est sombre… on se demande si la Société va tenir en cette période de crise… tu comprends… le cours du brut… le rachat des sociétés et tout ça… Bon, on a compris, espèce de vieux con au gros cul bien calé dans ton confortable fauteuil de salarié grassement payé jusqu’à la retraite, on ne va pas compromettre ton avenir ni celui de la belle société qui t’emploie, on va rester discret, on n’essaiera pas de se faire embaucher en douce, on n’évoquera jamais ton nom, espèce de grosse merde, il pourrait nous porter malheur. Toutes pensées qui flottaient en 3D au-dessus de ma tête lorsque je quittai mon père pour regagner mon poste (eh oui !) de manœuvre sans qualification et à mi-temps dans la société BTP de la SOBEP sise dans la banlieue pauvre de Pau, à Jurançon. Et payé en conséquence, c’est à dire des nèfles. Quand on est pauvre, on le reste. C’est vrai qu’à l’époque je n’étais pas encore en possession de la maîtrise en sciences et encore moins du titre ronflant de Docteur-es-Sciences.
Tout restait à faire.
Pour le moment il ne fallait pas penser à l’avenir, au long terme. Survivre au jour le jour et garder le moral demandait toutes mes énergies. Ainsi que celles de Chantal.
Soirée chez Marie pour se remettre un peu. Marie m’a toujours apporté joie et sérénité.
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